03 novembre 2010
Mariton: faux sur toute la ligne.
Dans son édition électronique d'hier, Le Figaro réalisait une interview d'Hervé Mariton, député UMP de la Drôme. Dans celle-ci, l'élu appelait purement et simplement à la "suppression du Conseil Economique, Social et Environnemental" car estimait-il, "il ne sert à rien".
Au lendemain de la désignation des personnalités qualifiées qui y siègeront pour la mandature 2010-2015, et à l'aube de l'élection de son nouveau président, on aurait pu attendre, de la part d'un élu de la République, un peu plus de doigté envers la troisième assemblée de notre pays.
Je me suis, à de nombreuses reprises, exprimé sur ce blog sur la vision qu'ont nos concitoyens de cette institution. Mais également ce vers quoi elle doit tendre pour retrouver toute sa place au sein des nombreux débats publics auxquels les français sont confrontés. Aussi je ne pouvais ignorer cette attaque contre le CESE.
Le député Mariton argumente la suppression du CESE en se basant sur le nombre de saisies de l'assemblée faite par le gouvernement s'exprimant en ces termes: "En 2009, le gouvernement ne l'a saisi que deux fois pour avis." Ce fait étant, à qui la faute ? Aux membres du CESE qui n'ont pas voulus être saisis sur un sujet précis ? Je ne le crois pas.
La faute en résulte au gouvernement ! Rappelons, à toute fin utile, l'énoncé de la mission du CESE, qui il me semble, est fort clair: "Le Gouvernement peut saisir le Conseil économique et social de toute question ou texte en matière économique ou sociale." Cet argument n'est donc pas imputable au CESE, mais aux dirigeants du pays.
De plus, il convient également de rappeler que le deuxième axe de mission du CESE est de "Contribuer à l'information des assemblées politiques." J'entends par là que M. Mariton, ainsi que les autres députés, sont tout à fait à même de demander un avis de cette assemblée. Le font-ils ? C'est une autre question.
Ensuite, le député Mariton argumente sur le coût de cette assemblée. Hormis le fait que pour le député le coût des 70 millions d'euros - CESE et CESR - pour qui cela représente "une centaine de millions d'euros" (nous apprécierons ici le décalage entre 70 et la centaine), le coût de fonctionnement de ces 31 assemblées (le CESE et les 30 CESR) reste néanmoins bien inférieur au coût des deux autres assemblées (506 millions d'euros pour la seule Assemblée en 2007). Mais heureusement, le député nous rassure, "ils font des rapports, souvent de qualité".
Enfin, concernant l'indemnité des conseillers, et c'est assez amusant à lire, le député affirme que certains membres de la-dite assemblée n'ont pas peut-être pas besoin de celle-ci. Il est important de noter que la rémunération proprement dite d'un conseiller ne peut-être supérieur au tiers de l'indemnité parlementaire, mais également, comme le stipule l'article 59 du règlement intérieur, "une moitié de l'indemnité [...] est liée à la participation aux travaux de l'assemblée, l'autre moitié à la participation aux séances des sections" élément qui pourrait, être soumise au Parlement. C'est ici une proposition que je fais au député Mariton, Cela éviterait très certainement des hémicycles clairsemés.
Le règlement va encore plus loin avec l'article 60 puisqu'il annonce que "les fractions d'indemnité prévues à l'article 59 sont réduites proportionnellement au nombre des séances ou des scrutins auxquels les conseillers n'auront pas pris part sans excuse valable." Là-encore une idée afin de densifier notre Assemblée nationale.
Et puis bon, de toute façon, comme nous le disait le député Mariton en avril dernier, cette indemnité de 3 700€ est largement en dessous de la rémunération d'un cadre moyen...
02:18 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : cese, cesr, mariton ump député |
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16 août 2010
Sans commentaire.
Tout le monde ne peut-être d’accord sur un sujet. On peut avoir des divergences de point de vue. Tant mieux, cela favorise le débat. Par contre, ce désaccord doit toujours avoir lieu dans le respect de l’autre et la légalité.
Certains, visiblement, n’ont que faire de ce principe comme le rapporte cet article publié sur le site lemonde.fr. En effet, dans la nuit de samedi à dimanche, 61 personnes sont venues détruire des pieds de vigne transgéniques qui étaient en expérimentation depuis 2005 par l’Institut National de Recherche Agronomique. Cet acte a été réalisé par ces fameux faucheurs volontaires, se pensant certainement au-dessus des lois pour agir de la sorte comme des barbares.
Forcément, lorsque ces frapadingues volontaires ont comme icône du no respect des lois José Bové, faucheur volontaire avec à son actif le parcours qu’on le lui connaît, on se dit que la prison pour arrachage volontaire attendra ! Pour le cas de Bové, rappelons que ce denier aurait du purger 22 mois de prison ferme. Cependant il n’est resté que 42 jours en détention. Quand on sait qu’aujourd’hui il se la coule douce à Strasbourg – député européen d’Europe Ecologie – on se dit que finalement il s’en est pas mal tiré !
Cette bande de crétins ignore-t-elle que les recherches* menées étaient réalisées grâce à l’argent public ? Non. Mais ils n’en veulent pas, alors ils saccagent. C’est aussi simple que cela. Puisqu’on vous le dit !
Ces imbéciles auraient du être condamnés le plus sévèrement possible pour les actes commis. Au lieu de cela, ils ont été relâchés dans la matinée de dimanche, acte qui pour moi est tout aussi incompréhensible que celui de détruire quelque chose au seul motif que l’on n’en veut pas…
* Ces recherches portaient sur le court-noué, une maladie virale présente dans la quasi-totalité des régions viticoles du monde où elle provoque la mort des vignes et rend les terres impropres à la viticulture.
00:05 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : ogm, bové, justice, inra, recherches |
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23 mars 2010
Sortir de la crise.
Ah la crise économique… Pour les uns elle est derrière nous, pour les autres on a les pieds en plein dedans et enfin pour les plus pessimistes le plus dur reste à venir. Je ne sais pas vers quelle catégorie je pencherai. Ce que je sais en revanche c’est que ce ne serait pas la première.
Il ya quelques jours s’est déroulée à Montréal une conférence intitulée Sortir de la crise, gagnant ! Impeccable me diriez-vous, car franchement la crise on en a raz la casquette ! Et croyez-moi je suis bien d’accord.
Alors, à la vue de la thématique de cette conférence on se dit chouette, on va enfin avoir les clefs pour en sortir. Sauf que cette conférence est animée… par un banquier !
En gros ceux-là même par qui, en partie, la crise est arrivée, ceux-là même dont les employés dans certains établissements financiers se versent sans scrupules – au titre de l’année 2009, l’année de la crise mondiale – des bonus dont les montants sont pharaoniques viennent aujourd’hui faire des conférences – payantes ! – pour vous expliquez comment en sortir gagnant !
Avouez que c’est quand même un peu limite…
19:04 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : crise économique, banque, bonus, conférence, montréal |
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