http://www.wikio.fr Le Blog de Jérôme Laurent

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23 août 2015

Sécurité dans les gares et à bord des trains : vers un nouveau défi pour la sécurité privée ?

L’attentat évité vendredi à bord du Thalys reliant Bruxelles à Paris conduit légitimement à nous questionner sur la sécurité à bord des trains ainsi que dans les gares. L’enjeu est de taille puisque près de 100 millions de personnes voyagent en train chaque année.

 

Ce n’est pourtant pas la première fois que le secteur ferroviaire est la cible d’un attentat : l’Espagne en 2004 avec les attentats de Madrid en avait été victime. La forme des attentats de 2004 n’était pas la même que celle de vendredi (bombe Vs arme de guerre), mais les dégâts auraient pu être bien supérieur aux 21 morts de 2004. Depuis ces attentats, le pays a considérablement augmenté les mesures de sécurité : l'accès aux quais y est réglementé, passage obligatoire des bagages sous un portique de sécurité…

 

Les dispositifs mis en place s’apparentent donc clairement à ceux mis en place dans les aéroports au lendemain du 11 septembre 2001. Le secteur de l’aérien qui depuis a toujours augmenté le dispositif : interdiction des lames puis interdiction des liquides en cabines (après l’attentat manqué du Paris-Miami).  

 

Cependant, la mise en place de tels dispositifs dans les gares serait d’un point de vue organisationnel et économique difficilement réalisable en France. En effet, le pays compte quatre fois plus de lignes à grande vitesse que son voisin espagnol et l’intérêt du voyager par le train perdrait de son intérêt : ceux qui voyagent par le train le font notamment pour la facilité qu’il procure : arriver en gare de départ 20 minutes en avance, sauter dans le train et arriver quelques heures plus tard en plein centre-ville d’une capitale européenne (ou régionale). Le calquage des méthodes de l’aérien sur le ferroviaire n’est pas réalisable. De plus, d'un point de vue économique, l'addition serait salée tant pour le transporteur que pour le voyageur.

 

Le rôle de la sécurité privée

 

Quelques soient les mesures qui risquent d’être prises par les autorités ou la SNCF, la sécurité privée sera concernée. Les missions qu’elle exerce aujourd’hui au quotidien auprès de nos concitoyens ou en relation avec les forces de l’ordre en font un partenaire essentiel et indiscutable.

 

Néanmoins, la sécurité privée se doit d’être en amont. Elle se doit d’être innovante et de proposer des solutions alliant humain et technologie afin de prévenir en amont des risques. Les entreprises du secteur en ont la capacité et elles doivent le démontrer.

 

Le premier acte de cette collaboration doit être une concertation entre les représentants de l’Etat, le délégué aux coopérations de sécurité, les représentants des entreprises de sécurité ainsi que la SNCF et autres acteurs du transport ferroviaire. A suivre...

17:30 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séurité, attentat, train, thalys, madrid, technologie | |  Facebook

09 juillet 2015

Retour en arrière.

Cela fait un peu plus de quatre années que je travaille dans le secteur de la sécurité privée. Quatre années et cinq mois pour être précis. Quelle image avais-je du secteur de la sécurité privée avant de l’intégrer ? Je ne sais pas trop… Aurais-je employé le terme de vigile ? Certainement. Et aujourd’hui ? Je l’ai banni de mon vocabulaire, tant je le trouve dégradant pour la fonction d’agent de sécurité.

Durant ces quatre années, en travaillant avec les personnels administratifs et au contact des exploitants qui sont en contact quotidien avec les agents (en agence ou sur le terrain), j’ai pu m’interroger sur notre secteur d’activité. Le terrain, comme dans beaucoup de secteur, est le the place to be pour apprendre. Je ne cache pas ne pas y être tous les jours. Mais il m’est arrivé accompagné d’un exploitant d’aller faire un contrôle sur site. Les échanges avec les agents sont parfois riches d’enseignements sur les attentes du métier, les axes d’amélioration, l’environnement concurrentiel local… une vraie mine d’informations !

En arrivant dans ce secteur d’activité je ne connaissais rien. J’ai appris (et continue à apprendre) ; l’histoire de ce jeune secteur d’activité, la réglementation, en constante évolution, et les défis auxquels le métier va (et devra) faire face. Ces derniers sont nombreux car les menaces, nous le voyons aujourd’hui, sont nombreuses et se multiplient à grande vitesse et en parallèle du développement technologique donc, lui-même parfois dévié de sa fonction originelle.Pour cela, nos entreprises se doivent d’être pro-active. Il nous faut être capable de comprendre, de proposer et d’innover. Mais cela ne doit pas venir que des prestataires ou fournisseurs de solutions. Les donneurs d’ordres doivent également être à l’écoute et sortir de cette pure logique de coûts, qui ne mène à rien, si ce n’est à dégrader  le secteur et la fonction.

Le métier d’agent de sécurité n’est pas facile, il faut le reconnaître. Les missions sont pour la plupart répétitives et les conditions de travail pas toujours faciles. Mais les agents de sécurité répondent à un besoin de notre société et sont indispensables. Ils ne sont pas simplement, comme le laissent à penser parfois certains donneurs d’ordres, un centre de coûts.

Comme j’aime à le répéter, ce n’est pas parce qu’il ne se passe rien sur votre site surveillé 24h/24 qu’il faut en réduire la prestation. Mais c’est peut-être parce que votre site est surveillé 24h/24 qu’il ne se passe rien.

19 mai 2015

Sécurité des entreprises : penser complémentarité humain & informatique !

Dans une organisation, la menace peut être multiple et les attentats et attaques terroristes vécus ces derniers mois sur le territoire national l’ont été tout autant. Dans les deux cas en mémoire, l’attentat contre l’hebdomadaire Charlie-Hebdo et l’attaque informatique contre la chaîne de télévision France 24, le procédé, bien que différent dans la mise en place a été le même, à savoir l’intrusion.

Les conséquences, sur le plan humain n’ont quant à elles, aucune comparaison. Cependant, afin d’optimiser la sécurité de l’organisation il peut être judicieux de penser la sécurité d’une manière globale et cela à l’heure où la connectivité des objets et informations est, elle aussi, de plus en plus présente dans notre quotidien.

Dans la plupart (toutes ?) des organisations, se trouvent des moyens de connexions à distance (ordinateurs, tablettes, smartphones, objets connectés…) qui transmettent et reçoivent de l’information. Dès lors que l’organisation est connectée, elle est susceptible de d’être menacée d’intrusion. Si beaucoup d’entreprises ont un service/département informatique, toutes l n’ont cependant pas un service de sécurité physique. Prenons le cas où l’entreprise aurait à la fois un service de sécurité humaine ainsi qu’un service informatique. On pourrait aller encore plus loin en imaginant que cette entreprise combine de la sécurité humaine et de la sécurité électronique, ces deux moyens étant en parfaite complémentarité.

Dès lors, cette entreprise comprendrait en son sein deux responsables de la sécurité dont les missions seraient bien distinctes. 

Le premier serait un responsable de la sécurité qui dans le meilleur des cas serait autonome ou bien rattaché au directeur des moyens généraux (ce dernier gérant un portefeuille de prestations diverses allant de la sécurité du site au nettoyage de ce denier…) dont la mission première serait de garantir à l’entreprise la sécurité périmétrique, à savoir le risque d’intrusion, via la supervision de son prestataire de prévention et de sécurité

Le second serait le responsable informatique de l’entreprise. Ce dernier, pouvant être rattaché à un directeur des systèmes d’information, aurait en charge (tout ou partiellement suivant la taille de l’entreprise), l’ensemble des tâches liées à l’installation, la maintenance et la sécurisation du système d'exploitation et d'informationde l’entreprise. 

Il est fort probable que parmi nos deux responsables, un seul directeur ne soit membre du ComEx de l’entreprise : le directeur des systèmes d’information. En effet, beaucoup d’entreprises ne perçoivent pas la sécurité physique comme étant un enjeu majeur pour la sécurité de leur site, à l’inverse de la sécurité informatique… C’est une bien grave erreur car même si la menace est similaire, la prise de conscience ne l’est pas. Dans une entreprise requérant de la sécurité physique, les agents de sécurité sont en première ligne lors d’une possible intrusion. Eux seuls peuvent être capables de déceler un comportement suspect ou une intention de nuire.

Aussi, peut-on se demander si la fonction de directeur de la sécurité ne devrait pas être une fonction transverse, liée à la fois à la sécurité humaine et informatique et dont le titulaire du poste siègerait au ComEx. La complémentarité des métiers humain et informatique se développerait (comme c’est le cas pour la complémentarité humain et électronique), et cela permettrait aux entreprises du secteur de la sécurité humaine un nouvel axe de croissance par l’intégration de cette nouvelle typologie de sécurité.

On pourrait dans ce cas imaginer que la sécurité informatique soit intégrée au sein de l’entreprise de sécurité privée afin de proposer une nouvelle offre globale de sécurité. Ainsi, il est fort à parier que la formation des agents, les marges des entreprises et l’image du secteur de la sécurité privée en seraient les grands gagnants, ce qui pour le secteur ne serait que bénéfique...